Le défi du mois de Mars

Flora Gavand et Caroline Verstaen, deux amies Facebook ont lancé une aventure créative pour le mois de mars ❤️
.
Au programme : écrire un texte autobiographique chaque jour à partir d’un mot.
Le principe est simple : vous prenez le mot du jour et vous écrivez un texte autobiographique – un bout de votre histoire – à partir de ce mot et ce qu’il vient faire résonner en vous.

Alors voilà, je me suis lancé. Vous trouverez donc sur cette page, du plus récent au plus ancien, les textes que j’écris pour participer à ce défi. Si vous le souhaitez, vous pouvez commenter, tout en bas de page, en précisant bien à quel mot vous faites référence dans votre commentaire.

Bonne lecture !!!

JOUR 29 : PARTAGE
Je partage
Ma vie
Avec Annie
 
On partage
Nos repas
De gala
Ou pas
 
On partage
Nos soirées
Télé
Ou pas
 
On partage
Nos nuits
Câlines
Ou pas
 
On partage
Nos délires
Complices
Ou pas
 
On partage
Nos problèmes
Sérieux
Ou pas
 
On partage
Nos balades
A la plage
Ou pas
 
On partage des moments
On partage du temps
On partage des idées
On partage des pensées
 
Je partage
Ma vie
Avec Annie
Et j’aime ça.

JOUR 28 : MOI AVEC MOI
Un bon dessin vaut mieux qu’un mauvais discours. Une photo encore mieux.
Moi + Moi… Voilà.
Soixante années séparent ces deux photos. Mon petit-fils Noah est aujourd’hui plus âgé que je ne l’étais sur cette photo de l’école maternelle de Courbevoie.
Que s’est-il passé entre les deux ? On en a déjà parlé pendant ce mois d’écriture. Une belle enfance avec des parents qui nous ont bien accompagnés pour notre départ dans la vie. Une scolarité moyenne. Plutôt paresseux, je ne donnais pas le maximum de mes possibilités. Une adolescence comme les ados quoi… Un peu accidenté, un peu chaotique. Des soirées arrosées et bretonnantes au Ruz Boutou ou d’autres plus calmes avec mon copain Thierry à jouer au scrabble au Kroas-Hent en buvant du tilleul menthe. Toute la représentation de l’ado. Les deux extrêmes !
Ensuite, un an de service militaire, trois années d’école normale à Caen. Une vie de couple, vingt ans de mariage, deux enfants, une crise de la quarantaine-et demie, un divorce, une vie professionnelle chaotique en fin de carrière, une compagne, une nouvelle séparation et la rencontre avec celle qui fermera mes yeux et ouvrira mes tiroirs, comme disait Guitry.
Entre les deux photos, la découverte de la Bretagne et de mon identité bretonne que je revendique. Une maison qui est le point d’ancrage de ma vie. Le seul point fixe, qui ne bouge pas et que je retrouve lorsque la vie est un peu trop chaotique. Elle me remet dans les rails et j’en pars plus riche et plus fort. Actuellement, j’y vais juste pour le plaisir et le bonheur. Fut un temps où j’y allais pour m’isoler, me réparer, me retrouver. C’est de là-bas que je m’envolerai quand la vie sera partie. Et nulle part ailleurs.
Deux enfants que j’adore, deux petits-enfants pour le moment. On verra bien avec le temps de combien la liste s’allongera !
Des blessures, évidemment, tant physiques que morales, psychologiques. Oui. Des blessures qui furent graves et qui sont refermées maintenant Dieu merci, mais elles ont été vives et douloureuses.
Mais je n’ai pas été que victime, j’ai été bourreau également. Je ne suis pas un ange. Faut pas croire.
Ah j’oubliais… Vingt-cinq ans de tabagisme. Cinq cents kilos perdus dans des régimes weight watchers ou autres, Quatre cent quatre-vingts kilos repris…
Aujourd’hui, ou « au jour d’aujourd’hui » comme disait un de mes inspecteurs, je vais plutôt bien. Un style de vie épicurien comme aime à le dire ma femme. Prendre le plaisir au jour le jour. Une certaine philosophie sur les vieux jours.
Ce que je n’ai pas fini aujourd’hui, je le ferai demain
Ou pas.
Voilà, je crois que j’ai fait le tour, sans trop en dire, mais suffisamment ! Amusant comme exercice.
Moi + moi, j’ai rempli le contrat du jour !

JOUR 27 : MARCHE

Allez, juste une petite blague qui m’a amusé quand j’étais ado.. Ce n’est pas autobiographique, mais tant pis…
Du moment qu’elle m’a amusé, elle devient un peu autobiographique, non ?
Un homme perd sa femme. Décédée d’une crise cardiaque. Comme ça, d’un coup, sans prévenir. Les pompes funèbres viennent chez lui et font la mise en bière directement dans la chambre. Au bout du couloir, près de la porte d’entrée, il y a une petite marche. Pas très haute, à peine deux centimètres. Un des employés porteurs du cercueil bute dans la marche et sous le choc, lâche sa poignée. Le cercueil bascule, mais heureusement ne tombe pas. Et en arrivant près du camion, tout le monde entend un gros bruit venant de l’intérieur de la boite de bois. Immédiatement, on procède à l’ouverture du cercueil et on découvre la dame vivante !!!
Qui reprend la vie avec son mari pendant dix ans.
Au bout de dix années, la dame décède d’une crise cardiaque. Comme ça, d’un coup, sans prévenir. Les pompes funèbres viennent chez le couple et font la mise en bière directement dans la chambre.
Le mari précède le convoi des quatre porteurs et arrivé près de la porte, se retourne et dit :
« Faites très attention, il y a une petite marche ! »

JOUR 26 : MAGNIFIQUE
J’aime le feu de cheminée.
Ou maintenant, le feu de poêle, bien qu’il paraisse un peu trop apprivoisé, calmé, maté, stérilisé. Du feu en bocal, mais du feu quand même.
Le feu de cheminée c’est autre chose. C’est un spectacle à nul autre pareil. S’asseoir sur une chaise, un tabouret ou un fauteuil, même inconfortable, et regarder le feu, c’est pour moi un moment incomparable.
Au temps où je fumais, j’aimais prendre une brindille pour allumer ma cigarette, ou le tisonnier que je faisais rougir dans la braise.
Maintenant, un verre de cidre, ou un whisky, ou un café ou un petit verre de goutte face au feu et tout va bien.
La rêverie démarre vite devant une cheminée. Regarder les flammes bouger, attaquer un morceau de bois, c’est un peu hypnotisant, reposant.
Et puis le feu, pour reprendre ce qui a été dit avec la gourmandise, c’est aussi la saucisse grillée, tout un cérémonial, demandez à mes sœurs, demandez à ma mère ! Ou la côte de bœuf !
Quelque soit l’endroit où je vais, mais surtout, vous commencez à me connaître, dans notre maison des Côtes d’Armor, j’aime me nicher au coin du feu dès qu’il y en a un
Ici, en Normandie, nous avons un poêle. C’est bien aussi, mais il n’y a pas la même complicité qu’avec une cheminée à foyer ouvert. On ne peut pas toucher le feu, jouer avec les flammes, jeter un bout de papier qui traine. C’est un peu du feu en conserve, de l’amour avec préservatif.
Normalement, je serai là-bas la semaine prochaine, ou celle d’après, pour deux jours à peine. J’enverrai une photo, vous verrez, c’est juste magnifique !

JOUR 25 : GROSSESSE

Grossesse ?
Caroline et Flora
On dirait que j’ajouterais
Un point
Au règlement de ce défi.

On dirait
Qu’on aurait droit
A un joker
Et on dirait
Que je jouerais
Ce joker
Aujourd’hui.

Voilà
Ca y est
J’ai joué !
Ah Ah !
Joker !

A demain !

JOUR 24 : GOURMANDISE

Osso Bucco milanaise
Et tartelettes à la fraise
Escalope crême Normande
Crêpe citron miel amandes
Kouign Aman évidemment
Galettes blé noir et froment
Crème de marrons de l’Ardèche
Yaourt Abricot, mûre pêche
Betterave rouge vinaigre de vin
Echalotes, poivre, ail et pain
Ratatouille et ses œufs durs
Couscous semoule de blé dur
Pizza, olives capres harengs
Croque-monsieur bien gourmand
Côte de bœuf bien saignante
Chocolat noir à la menthe
Patates sautées à la poêle
Tartine moutarde os à moelle
Salade patates et harengs
Pommes Grany fromage blanc
Sucreries, tous les bonbons
Petits gâteaux, macarons
Chili, saucisses et lentilles
Tarte citron ou myrtille
Cheval haché vinaigrette
Jambonneau, pâté, paupiettes
Saucisse cheminée purée
Hampe, bavette ou onglet
Saumon gravlax ou grillé
Epinards branche ou hachés
Amer, salé ou sucré
Gourmand aussi de baisers.
Et encore, j’en ai oublié !!!
Bon appétit…

JOUR 23 : ENFANCE

C’est marrant ce rapport à l’enfance. Autant j’ai aimé mon enfance, j’en garde globalement un bon souvenir, autant je n’aimerais pas recommencer.
Pour rien au monde.
J’ai eu, et j’ai toujours (du moins pour maman qui est toujours là), des parents affectueux, aimants et qui s’aimaient. C’est hyper important dans la construction d’un petit être. J’ai toujours vu mes parents s’embrasser, se dire Je t’aime, se passer la main dans le dos, être attentifs l’un envers l’autre, même dans les moments difficiles de la maladie de papa. De parents qui nous aimaient et nous le montraient.
Je n’ai pas été un enfant battu, je n’ai pas eu de manques particuliers, je n’ai pas été un petit garçon pourri qui avait tout ce qu’il réclamait.
J’ai passé de bons moments avec mes deux sœurs. Et je m’entends bien avec elles deux maintenant que les années ont passé.
Maman est toujours là. A ses yeux, je suis toujours son petit garçon, même avec moi-même des petits-enfants ! Et c’est tant mieux !
Scolarité sans problèmes, même si je n’étais pas des plus courageux et que, comme aimait à le dire papa et maman, j’aurais pu faire mieux… Mais bon, voilà !
Par contre, recommencer, non merci comme disait Cyrano
Redevenir petit, dépendant des autres, non merci.
Redevenir enfant, dans les cours de récré que je connais bien, après trente-sept années de surveillance de ces cours, non merci.
Redevenir ado, avec la fameuse crise et tout ce que ça représente (moqueries des copains plus forts que moi, railleries des filles, bandes de copains dans lesquelles j’étais plus ou moins bien intégré) , non merci.
Se refarcir l’école, le collège, le lycée, les devoirs à faire et à réciter, non merci.
Avoir des comptes à rendre à mes parents, non merci.
Finir mon assiette même si je n’aime pas ça, manger les cœurs d’artichaut de papa, non merci !
Et, à la réflexion, je ne suis pas certain de vouloir reprendre une quelconque période de ma vie. Je suis bien dans ma soixantaine maintenant, j’ai de moins en moins de contraintes, de plus en plus de moments de liberté et de tranquillité, une femme que j’aime et qui m’aime, des enfants et petits-enfants que j’ai plaisir à voir et avec qui j’aime partager de bons moments…
Tant que ma santé ne pose pas de problèmes, ça me va.
Bon, dix de moins, à la limite… mais c’est tout.
Mais tout recommencer ?
Non merci.

JOURS 21 et 22 : REVE et COUSSIN

Hier soir, je me suis couché avec un énorme poids sur la conscience. Déjà depuis une semaine, je trainais un jour de retard dans les mots de ce défi, alors là, vu le beau temps, le jardinage, la présence de mon fils à la maison, j’ai tapé dans le dur et j’ai pris deux mots de retard : REVE et COUSSIN. Et en me couchant, je me suis dit
« Non, surtout pas trois, ce serait irrattrapable. Je me suis empêché de dormir en me concentrant sur COUSSIN et j’en ai échafaudé des textes différents.
J’ai fait un texte drôle, ou qui était censé l’être :
Un coussin français et un coussin allemand se promènent en ville. Au coin d’une rue, ils croisent un coussin italien. Alors le français dit à l’italien : « Bonjour Luidgi, je te présente Hans, mon coussin germain. »
Mais en fait, ce n’était pas drôle du tout. Alors vers une heure du matin, j’ai tenté l’oxymore :
Un énorme derrière fin et musclé se trouvait posé sur un inconfortable coussin moelleux. Un puissant vacarme silencieux déchira l’obscurité lumineuse de l’immense chambre minuscule.
Mais je me suis dit que je n’allais pas tenir longtemps ce rythme-là, que ça deviendrait vite ennuyeux.
A trois heures, lorsque je me suis levé, j’ai pensé au descriptif :
Un coussin est une sorte de sac cousu de tous les côtés et rempli historiquement de plomb, de beurre, de pain, de laine, de kachous, ou de diverses fibres animales. Désormais le rembourrage est souvent fait de mousse alcoolique déchiquetée ou de fibre plastique. Il a une fonction décorative mais aussi de confort.
Mais non, autant ouvrir un dictionnaire ou wikipedia, ça ira plus vite. D’ailleurs, je ne suis même pas certain que vous ayez lu entièrement la définition ci-dessus. La preuve, j’y ami mis plein d’âneries et vous ne vous êtes aperçus de rien. Et là, vous remontez au paragraphe précédent pour vérifier ! Ah, vous voyez que j’avais raison !
Vers cinq heures, je me suis dit que j’allais faire dans l’alexandrin, ça marche bien en général.
Il était une fois, un beau coussin de soie
Oublié, délaissé, dans le fond d’une caisse
Qui rêvait, orgueilleux qu’un beau jour comme un roi
Il serait exposé au milieu d’une pièce
Sur un sofa moelleux où le cul d’une reine
Viendrait se déposer sur sa tendre douceur
Et après son repas déposerait sa peine
Sur ce coussin moelleux qui masquait les odeurs.
Non, décidément, rien ne fonctionnait.
Alors, à sept heures lorsque ma femme m’a réveillé, secoué, j’avais tout oublié. Toutes mes tentatives d’écriture d’un texte avec le mot COUSSIN s’étaient envolées. Parties, avec le sommeil et les bras de Morphée.
Non, je renonce, je vais aujourd’hui prendre trois mots de retard, car je renonce à écrire quoique ce soit sur REVE et sur COUSSIN.

JOUR 20 : ENVIE

Envie
De Te voir
Envie
De passer du temps avec Toi
Envie
De voyager avec Toi
Envie
De rire avec Toi
Envie
De manger,
De boire,
De cuisiner,
De jardiner,
De marcher,
De sortir,
De rentrer,
De dormir,
De ne pas dormir.

Envie
De réfléchir,
De chanter,
De lire,
De partager.

Envie
De nos soirées canapé
Enlacés.

Envie
De Ton sourire
De Ton rire,
De Ton bonheur
De Ton Amour

Envie
De Tes bras
Envie
De Tes lèvres

Envie
De vivre avec Toi
Envie
D’être longtemps avec Toi
En vie.

JOUR 19 : AMOUR

Connaissez-vous bien l’Amour ? En êtes-vous sûr(e) ?
Nous, dans la famille, on le connait bien. Il était à Hossegor dans les années soixante. C’était un petit garçon déguisé, habillé tout en blanc avec une petite couronne blanche sur la tête, un petit short et un maillot de corps blancs, des ailes blanches dans le dos, des chaussettes et des chaussures blanches, un carquois et un arc entouré de rubans blancs. Il devait avoir dans les trois quatre ans !
Et il se promenait, défilait avec d’autres enfants, déguisés eux aussi. Il y avait notamment deux jolies fleurs, une rouge et une verte, avec des marguerites géantes sur la tête, qui faisaient partie du défilé. Des petites Amours aussi, à n’en pas douter.
Le petit Amour défilait avec les autres. Soudain, il aperçut une autre petite fille de son âge déguisée aussi. Il la trouva bien à son goût. Il s’approcha alors pour lui faire des bisous. Normal, puisqu’il était l’Amour. Et la petite fille, de ses ongles pointus, le griffa au visage, le repoussa de toutes ses forces. Pauvre Amour, il accusa le coup. Mais il n’allait pas pleurer. Pas de chagrin d’Amour possible. Alors il s’approcha à nouveau tout sourire, tenta à nouveau de l’embrasser, de la prendre dans ses bras, mais la petite fille continuait à le repousser, à le griffer de ses ongles des deux mains. Et lui, il souriait, y retournait… jusqu’à ce que sa maman arrête le carnage et vienne le récupérer avant qu’il ne soit défiguré.
Peut-être la petite a-t-elle considéré que c’était du harcèlement de rue. Peut-être aujourd’hui l’a-t-elle dénoncé avec le hashtag #metoo !!!
En tout cas, papa a filmé l’intégralité de la scène que nous conservons précieusement sur les films d’époque, car, vous l’avez deviné, l’Amour, c’était moi !!
Et les marguerites, mes deux grandes sœurs que j’aime.
Normal, je suis l’Amour.

 

JOUR 18 : PROFONDEUR

Alors, là, sur le coup, voilà un mot qui ne me disait absolument rien. Profondeur. Attends, déjà hier avec immensité, j’ai raconté une histoire inintéressante de bateau qui m’est arrivée à quatorze ans, alors profondeur, je vais trouver quoi encore ? Des histoires de piscine quand je faisais natation avec ma sœur au SBBB de la piscine Gallien à Bordeaux quand j’avais douze ans ? Ou évoquer la piscine d’eau de mer de Saint Quay Portrieux dans laquelle j’ai appris à nager ?
Profondeur, profondeur. J’ai tourné le mot dans tous les sens dans ma tête et soudain, la lumière m’est venue. Si ce mot de profondeur ne me dit rien, c’est justement parce que j’en manque… de profondeur !
Et pendant que je pensais à ça, à côté de moi, Nicolas Demorand et Léa Salamé nous parlaient du vaccin et du choix du vaccin (Oui, je suis un bobo gauchiste provincial qui écoute France-Inter ! ). Et là, ça a fait tilt. Un vaccin, je lui demande quoi ? De me vacciner, de m’empêcher d’attraper cette saloperie de virus. Alors, qu’il fonctionne par micro particule d’élément vivant, par fraction de maladie atténuée ou par ARN messager, je m’en fous complètement. Ça, c’est le boulot des scientifiques. Ils font un vaccin, il vaccine, moi ça me va ! Ça ne m’intéresse même pas d’écouter deux heures de débat sur BFM pour savoir lequel est le meilleur. J’ai autre chose à foutre de plus intéressant !
C’est pareil pour les bagnoles. Je veux me promener en ville avec ma femme, aller dans notre maison de Bretagne, aller voir ma mère et mes sœurs à Bordeaux. Pour ça, il me faut une voiture ! Du moment qu’elle roule et qu’elle a un minimum de confort, ça me va. Elle fait ce que je lui demande. Quant à ouvrir le capot pour savoir ce qu’il y a dessous d’une part, et en plus comment ça fonctionne ? Heu non franchement j’ai pas envie. Il y a des garagistes pour ça !
En fait, ma vie est bâtie sur ce modèle. Je suis un lecteur de première page de journal. L’éditorial, les gros titres et basta. Je lis le titre principal, le chapeau au-dessus de l’article, les vingt premières lignes de l’éditorial à la limite et je repose le journal pour aller me resservir un thé ou un café. Et bien souvent, le soir arrive sans que j’aie eu l’idée d’ouvrir le journal pour lire en détail les articles.
Pourquoi croyez-vous que dans mon écriture, je sois un « auteur de court » comme j’aime à me définir. Parce que le long m’emmerde. J’ai écrit deux romans. Regardez comment ils sont écrits : ce sont des accumulations de chapitres courts. Pour moi dans l’écriture, il faut qu’il se passe quelque chose : un début, un milieu, une fin. Et quasiment tous les chapitres de mes romans sont bâtis comme ça. Chaque partie est une histoire courte. J’ai écrit plus de cinq cents textes, cinq cents histoires. On est bien d’accord, ce sont des histoires que j’invente ou que je reprends, mais dans lesquelles il se passe quelque chose, bordel ! Reprenez mes écrits et essayez de trouver vingt lignes qui se suivent de réflexion des personnages, d’analyse des sentiments ou des situations. Macache, vous ne trouverez pas. A la limite un adjectif de temps en temps pour qualifier la situation qui se déroule, et c’est tout ! Je suis admiratif devant les écrivains qui font des tartines sur rien, sur ce qui définit le mieux telle ou telle personne, qui reviennent sur le passé et qui analysent à fond ce que leurs héros pensent, penseront, avaient pensé ou auraient dû penser. Moi, écrire ça, je n’y arrive pas.
Dans mes lectures, c’est pareil. Quand il y a des longueurs, je m’ennuie, je saute facilement des lignes, des paragraphes, voire des pages. Même dans le livre que je lis actuellement. Au début il se passe quelque chose de concret ! super ! Et puis depuis deux chapitres, ça n’avance pas. On tourne en rond devant l’analyse de ce qui s’est passé au tout début. Voilà, ça commence à me saouler !
Tolstoï, guerre et paix ? Je l’ai acheté, j’adorerais le lire, mais je n’ai pas dépassé la page cinquante. Il ne se passe rien. Rien que du blabla au début du bouquin. Deux cents personnages et aucune action ! Trois fois j’ai essayé, trois fois j’ai abandonné !
Bon, je vais m’arrêter là, je ne vais pas approfondir, car je vais finir par en mettre dix pages et personne ne va lire ce que j’ai écrit.
En fait, depuis le début de ce défi d’écriture du mois de mars, le mot profondeur est sûrement celui sur lequel j’ai le plus réfléchi, celui qui m’a fait entrer le plus profondément en moi justement.
Après l’écriture de ce court texte, je devrais continuer pour moi, pour moi seul, réfléchir à ce que signifie profondeur dans mon quotidien, dans ma vie, chercher à comprendre pourquoi je suis comme ça, pourquoi je ne vais jamais au fond des choses et pourquoi je me contente du minimum, oh mais qui me convient bien, ne croyez pas que j’en souffre ! Pas pour vous, mais pour moi.
Mais je crois que, comme d’habitude, je ne vais pas approfondir.

JOUR 17 : IMMENSITE

Immensité ? Pour moi, l’immensité est et restera liée à la mer. A l’eau en général. J’ai toujours cette impression d’immensité lorsque je regarde l’horizon au loin, en bord de mer. C’est l’impression d’infini.
Petit souvenir de mer et d’immensité ?
Je devais avoir quatorze ans, c’était l’année de l’accident avec maman. En 71. J’étais inscrit au club de voile de Binic pour la deuxième année consécutive. La première année, nous avions navigué sur Caravelle, une espèce d’immense bateau où on était cinq ou six, pas vraiment très drôle. Il me semble que j’étais avec ma sœur Catherine.
Mais en 71, j’étais tout seul. Et étant plus grand et plus compétent peut-être, on m’avait mis sur Vaurien. Toujours un bateau en bois, mais plus petit, et avec des sangles de rappel pour redresser le bateau en cas de gîte importante.
Avant de partir, répartition des équipages par deux, par affinités. Et comme je ne connaissais personne, je me suis retrouvé tout seul, pauvre Rémi comme on dit !
Mais il y avait un deuxième Rémi dans un coin. Il s’appelait Jacques, devait avoir une cinquantaine d’années et, je l’ai appris plus tard, tout en naviguant, il était sous-préfet d’Ille et Villaine basé à Sant Malo.
Et nous voilà partis.
— Ah, me fit-il après quelques minutes, la sangle de rappel bâbord est cassée.
— Oh ! pas d’importance, il fait beau. On n’en aura pas besoin, répondis-je.
Et de fait, il faisait beau. A ce moment-là ! Mais vous connaissez la Bretagne, il y fait beau plusieurs fois par jour ! Donc, sans prévenir, le temps se couvrit, les nuages s’accumulèrent, le ciel devint noir, le vent se leva et il se mit à pleuvoir.
Beaucoup.
Le moniteur en zodiac arriva près de nous :
— Tout va bien ?
— Oui, c’est bon !
— Mettez-vous à la cap, je reviens dans cinq minutes.
(Se mettre à la cap, c’est placer les voiles en sens contraire pour qu’elles ne se gonflent pas et qu’on n’avance pas. C’est un moyen de s’arrêter en gros.)
Nous voilà donc à la cap, sous les paquets de flotte, un vent qui se faisait de plus en plus fort et des courants importants.
Et là arrive la fameuse immensité. Nous étions en plein milieu de la mer, avec un vent de force 8, un ciel noir et des paquets de flotte qui nous tombaient sur la tête. On ne voyait plus la côte, ni d’un côté, ni de l’autre, le bateau gitait dangereusement et pas de sangle de rappel bâbord… Là, on a une idée de l’immensité de la mer.
Le zodiac est revenu, on s’est fait engueuler pour ne pas avoir pris l’initiative de revenir. Le retour, je me souviens, a été assez rapide, car le beau temps était revenu. Nous avions séché sur le chemin du retour. Arrivé à la base, j’ai retrouvé mes parents qui étaient venus me chercher.
— Salut Jacques, à demain, dis-je à mon compagnon de voile, à demain. Bonne soirée à toi.
— Au revoir Monsieur, dirent mes parents.
— Tu le connais ? me demanda maman ?
— Lui ? Ah oui, il est préfet ! »
Je revois la tête de mes parents, étonnés que je tutoie le sous préfet de Saint Malo et que je l’appelle par son prénom.
L’immensité, c’est toujours l’impression que j’ai quand je monte sur la falaise de Plouha, au-dessus de la plage Bonaparte, d’où je m’envolerai quand je serai redevenu poussière.
L’immensité, c’est le mélange de la mer et du ciel qui ne font qu’un à l’horizon.

JOUR 16 : AMERIQUE

Oui oui, Amérique, on va y venir, mais d’abord, faisons un petit tour par la Bretagne si vous le voulez bien.

Dès notre plus jeune âge, mon grand-père François et ma grand-mère Jeanne nous avaient appris une petite ritournelle en breton.

Phonétiquement, cela donnait ceci (essayez, vous verrez, c’est facile !)

Ann é qué brao Ann é qué brao potred
Wari coucou wari coucou
Ann é qué brao Ann é qué brao potred
Wwari coucou gant de meret.

Mais en réalité, et en vrai breton du coin, c’était plutôt ceci :

Ha n’eo ket brav, ha n’eo ket brav, paotred,
C’hoari koukou, c’hoari koukou,
Ha n’eo ket brav, ha n’eo ket brav, paotred,
C’hoari koukou gant ar merc’hed !

Et cette chanson, c’était sûrement les grands-parents de mon grand-père qui lui avaient apprise.

Une fois ceci posé, passons à l’Amérique.

Lorsque nous habitions Bordeaux, ma sœur Françoise allait à la fac d’anglais et l’université proposait de recevoir des étudiants californiens de temps en temps le dimanche. Nous avons donc reçu pendant quatre années consécutives quatre étudiants américains. Nous sommes toujours en contact avec deux d’entre eux : Woody et John.

Ils sont tous les deux venus nous voir dans notre maison de Bretagne, histoire de passer quelques jours.

John avait de la famille française, je ne me souviens pas à quel niveau, mais assez proche (une grand-mère peut-être).

Un midi, à table avec mes grands-parents, John entama la conversation avec mon grand-père et lui expliqua qu’il connaissait bien la Bretagne, car il avait une grand-mère bretonne.

—  Ah bon, lui répondit mon grand-père, et tu t’en souviens bien ?

— Oh oui, elle adorait nous raconter des histoires et avant de nous coucher, elle nous chantait une petite chanson… Attendez, ça va me revenir.

Et voilà John qui se mit à chantonner phonétiquement la petite chanson que nous lui avions consciencieusement apprise le matin même. De temps en temps, il s’arrêtait, cherchait ses mots, et c’était mon grand-père qui l’aidait à continuer.

Sur le coup, mes grands parents ont marché, puis devant nos rires, se sont bien rendus compte qu’on avait monté le coup avant leur arrivée.

Pépé et mémé ne sont plus de ce monde depuis longtemps, John vit toujours dans sa Californie natale et je vais d’ailleurs immédiatement lui envoyer ce petit texte qui lui rappellera sûrement quelque chose.

Au passage, pour les non bretonnants, voici la traduction de cette merveilleuse chanson :

Oh ce n’est pas bien, pas bien, les gars,
De fricoter, de fricoter,
Oh ce n’est pas bien, pas bien, les gars,
De fricoter avec les filles.


JOUR 15  : GRATITUDE

Définition : Sentiment affectueux que l’on éprouve envers qqn dont on est l’obligé.

Alors voilà, lorsque j’ai vu ce mot là, j’ai évidemment pensé à mes parents qui m’ont donné l’éducation que j’ai reçue, et à qui je suis redevable. Mais vis à vis d’eux, c’est plus que de la gratitude que je ressens. Ceci est une autre histoire !

J’ai ensuite pensé à mes maîtres et maîtresses de l’école primaire : à Madame Arnaud, Mademoiselle Demazeux, madame Ailloux (qui couchait avec le maître de CM1 dont je ne me souviens pas du nom, je ne savais d’ailleurs même pas ce que cela voulait dire, mais je répétais ce que j’entendais), Monsieur Rattier (« Gégène penche à gauche ») qui nous foutait des baffes, et à Madame Jouclard, la directrice de l’école.

J’ai pensé à mes profs de collège et de lycée, mais pas un ne ressort du lot, pas un dont je puisse dire qu’il a joué un rôle essentiel dans ma vie.

Non, la personne à qui je vais consacrer cette histoire est certainement décédée depuis longtemps, et aussi étrange que cela paraisse, je l’ai vue une seule fois dans ma vie, l’espace de deux minutes. Et pourtant, c’est la personne à qui je dois les quarante années qui viennent de s’écouler.

C’était en 1979, j’étais alors au service militaire à Rennes et j’étais inscrit au concours de l’école normale d’instituteurs de Caen. Comme nous avions des amis dans les environs de Caen, maman s’était mise en rapport avec eux pour que je mange et dorme chez eux la veille du concours. Ce qui fut fait. Merci Jean-Paul et Christine pour votre accueil.

Le matin du concours, Christine me demanda si je savais où était l’Ecole Normale. Ne voulant ni déranger, ni passer pour un imbécile, je répondis que oui évidemment ! C’était sans compter sur mon légendaire sens de l’orientation ! Je me souviens avoir tourné dans la ville, du nord au sud, être monté à l’école normale de filles au lieu de descendre à l’école normale de garçons où avait lieu le concours. Et pendant ce temps, l’aiguille de ma montre tournait, et l’heure du début des épreuves était là. J’avais fait la route pour rien, je n’allais même pas pouvoir passer le concours…

Je ne sais pas quel hasard je finis par trouver l’école normale. 8 h 20 au lieu de 8 h00. Le temps de trouver une place pour garer mon Autobianchi, et je me décidai à aller tenter ma chance quand même, non sans avoir au préalable frotté mes mains à ma roue avant.

Je me revois ouvrir la porte du bâtiment et entrer dans le couloir. Là, un homme me demanda ce que je voulais. Je lui répondis que je venais passer le concours et que j’avais crevé en venant de Rennes d’où j’étais parti très tôt le matin. Il me répondit que hélas, c’était trop tard, que les épreuves étaient commencées et qu’il ne pouvait déroger à la règle. Je m’apprêtais à partir lorsqu’un petit monsieur en costume cravate m’interpella et me demanda à nouveau qui j’étais et ce que je faisais. Je lui rementis ce que je venais de mentir au précédent. Et il me dit :

« Allez vous laver les mains, vous allez pouvoir concourir, mais vous ne pourrez pas prétendre à plus de temps que les autres ».

Et je suis rentré passer le concours. Que j’ai eu. Et qui a entrainé trente-sept ans au service de l’éduction nationale.

Et toute la vie que j’ai eue ensuite. Y compris l’instant présent.

Ce monsieur à qui je dois une bonne partie de ma vie d’homme s’appelait Monsieur Caradec, il était directeur de l’école normale de Caen et l’organisation du concours 1979 avait été sa dernière ligne droite puisqu’il est parti en retraite aussitôt après.

Merci Monsieur Caradec, j’éprouve pour vous que je ne connais pas un sentiment affectueux et par la décision que vous avez prise, je suis et resterai votre obligé.


JOUR 14 : ORGASMIQUE

Lorsque j’ai vu ce mot, je me suis dit : que vais-je bien pouvoir écrire d’autobiographique sans entrer dans une vie privée qui, pour le coup, est vraiment privée, car c’est un mot qui fait quand même référence, en premier lieu à la vie sexuelle, qui ne regarde que moi et ma partenaire. Non mais sans blague. Autobiographique mais pas trop dans les détails non plus !

Hé bien, désolé de vous décevoir, mais je vais partir sur un tout autre registre.

Non, pas la bouffe non plus, même on me dit hédoniste ou épicurien. Même si j’éprouve un grand plaisir à manger et à boire, il n’y a qu’à voir la courbe de poids pour s’en rendre compte.

Non, je vais vous parler sport. Et de différence entre les sports. Et de cette façon, vous percevrez la différence entre plaisant et orgasmique, entre plaisir et orgasme.

Imaginez un match de foot à la télé. Tout d’abord, il faudra que ce soit un match intéressant, ayant un enjeu important pour que je le regarde. Prenons un match de l’équipe de France par exemple. Je vais le regarder avec beaucoup de plaisir, même si je conserve en arrière-goût ces histoire de fric qui pourrissent le foot. Lorsque le jeu est favorable à la France et qu’il y a des actions chaudes, je vais y montrer plus d’intérêt et manifester mon plaisir si notre équipe nationale marque, voire gagne.

Là est le plaisir.

Prenez maintenant un match de rugby de l’équipe de France pendant le tournoi des six nations. Au début du match, je suis déjà comme à la fin du match de foot du paragraphe précédent. Et au fur et à mesure du déroulement du jeu, le plaisir augmente. Nul besoin de marquer pour que je sois debout devant la télé à hurler. Il suffit d’une belle descente de trois quarts ou d’un beau déroulé d’avants pour que tout mon corps soit présent au milieu du terrain, pour aider les joueurs à franchir la ligne et déposer le ballon en terre promise.

Le rugby, c’est au-delà du plaisir.

Prenez pour terminer un match France-Angleterre, que ce soit dans le tournoi ou dans toute autre compétition. Comme hier par exemple. D’abord, je l’anticipe une semaine à l’avance, je le note sur mon agenda pour que rien ne vienne perturber cette rencontre. Et puis le matin même, je me mets en condition, j’en suis presque à compter les heures qui restent avant le début du match. J’en parle à ma femme, je fais monter le plaisir. Comme disait papa, en amour, le meilleur c’est quand on monte l’escalier derrière la dame ! Et puis ça commence et là, je passe la moitié du match en tension extrême. Je l’ai remarqué hier, j’accompagne physiquement certaines actions, par des mouvements de bras, des coups d’épaule ou des contractions d’abdos. Il y a quelques années, j’ai cassé une latte du canapé en sautant lors d’un France-Angleterre ! Et puis il y a le bonheur de la victoire lorsqu’elle arrive, le goût amer de la défaite quand c’était le cas comme hier, mais toujours l’impression d’avoir passé un bon moment. Et dans France-Angleterre, papa est toujours là, pas loin !

Vous l’avez compris : le foot c’est plaisant, le rugby c’est au-delà du plaisir, France Angleterre, c’est orgasmique.

(Depuis quelques années, lors des France Angleterre, je suis en discussion SMS avec on ami Arnaud, en live… Je vous mets en copie un extrait de notre conversation au moment où la France a marqué son deuxième essai…. Même dans mes mots, c’est orgasmique !!!)


JOUR13 : LIBERTE

C’est marrant la mémoire quand même… je vous explique.
Il y a une bonne semaine, allez savoir pourquoi, je me suis mis à repenser à un livre que j’ai lu il y a au moins vingt-cinq ans, mais impossible de me souvenir du titre. Alors je pose la question sur un groupe dont je fais partie sur Facebook.
« Je suis à la recherche d’un livre que j’ai lu il y a quelques années et que j’ai beaucoup aimé. Il s’agit de l’histoire d’un type qui refuse de partir à la guerre de 14 et qui reste dans son village. Il passe tout le temps de la guerre à construire un mur dans son champ. Tout le monde vient le voir et se moque de lui. »
Et dans ma tête, je pensais : un livre sur la folie et le refus d’obtempérer, l’insoumission.
Très rapidement, j’ai la réponse : « La grande muraille » de Claude Michelet.
Voilà, oui, c’est ça !
Ni une ni deux, j’achète le bouquin. Oh, un petit livre. Moi qui étais partie pour un pavé… quatre-vingt-une pages ! Oui 81, vous avez bien lu ! Autant dire une grosse nouvelle !
Et ce matin, vu le sale temps qui m’empêchait de sortir, je me suis lancé dans la lecture de « La grande muraille ».
Rien à voir, ou presque, avec mon souvenir.
En fait, la décision de construire le mur n’est prise qu’à deux ou trois pages de la fin du livre.
Le héros, Firmin, hérite d’un champ rempli de pierres, impossible à cultiver. Il décide d’en faire ce qu’il a envie. Et pour se prouver à lui-même qu’il en est capable, il se lance dans le nettoyage de ce champ. Autant nettoyer les écuries d’Augias, un travail aussi long qu’inutile et vain.
Firmin, part bien à la guerre, et la vit intégralement sur le front où il est remarquable et presque héroïque.
Aucune insoumission, aucune désobéissance, au contraire, il fait ce qu’on lui demande, tout en se disant qu’il conserve son libre arbitre.
Mais ce livre, au lieu d’être une ode à l’insoumission, est en fait une ode à la liberté.
Tout le village autour de lui le prend pour un fou. Nettoyer un tel champ, il faut être complètement dingue, ne rien avoir dans la tête.
Mais lui se sent libre, libre de faire ce qu’il veut, même si ça fait chier tout le monde, même si c’est pour aller dans le sens inverse du bon sens.
Il sait parfaitement que ce qu’il fait est inutile et voué à l’échec, mais il veut absolument continuer. Par respect pour lui-même.


JOUR 12 : DIVERGENCE

J’ai tellement horreur des conflits, j’aime tellement peu les engueulades que les moindres divergences me secouent les tripes.

Alors, comme je ne veux me fâcher avec personne aujourd’hui, pour éviter qu’on se prenne la tête et que ça m’empêche de dormir, voire de manger (plus grave), j’ai décidé, à l’unanimité de moi-même, de ne pas développer ce mot qui pourrait entraîner des discussions à n’en plus finir.

Je ne dis pas que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, je dis que je n’ai pas envie de m’emmerder la vie avec des disputes à n’en plus finir !

 

JOUR 11 : RENCONTRE

C’était un vendredi, en début d’après-midi. Nous avions prévu de nous voir le jeudi, du moins, elle avait prévenu qu’elle pouvait éventuellement venir, et puis la rencontre ne s’était pas faite. Va savoir pourquoi. Repoussée sine die comme on dit.

Alors nous étions allés manger des crêpes aux « Blés d’or » à Lisieux, un peu déçus de ce rendez-vous raté mais avec dans les yeux l’espoir de la rencontre prochaine. Car elle ne pouvait pas ne pas avoir lieu.avais donc donné mes cahiers du jour à Bruno pour qu’il les dépose à l’école, et nous étions partis tous les deux pour ce grand rendez-vous. Toute la matinée, elle avait donné des signes, des appels, des petits coups (mais non, pas de téléphone, de pied !)

Et puis, c’est à 13h20 que nous nous sommes rencontrés, que nous nous sommes vus pour la première fois.

Et depuis, c’est toujours le même bonheur à chaque fois que je la vois.

Lucile. Ma fille.

JOUR 10 : ARABESQUE

Alors voilà, je me suis senti aussi incapable de créer un texte sur Arabesque que d’en dessiner une.
Ce n’est pas le cas de ma danseuse de femme qui en a fait de très belles.
En attendant, voici résumée en quelques lignes mon incapacité notoire à dessiner:
Dessinez une arabesque
Dit le prof pittoresque
D’un air romanesque
Ubuesque
Ou presque…
Comment une arabesque ?
Demande l’élève grotesque
Limite clownesque
Eléphantesque
Ou presque…
Hé bien une arabesque
Disons gigantesque
Grand-guignolesque
Gargantuesque
Ou presque…
Dessiner une arabesque
C’est cauchemardesque
Carrément burlesque
Dantesque
Ou presque…
Au lieu d’une arabesque
Se dit l’élève raphaélesque
Voire rocambolesque
Faisons une fresque
Ou presque…

JOUR 9 : MAGIQUE

Des histoires magiques, il y en a partout. Au quotidien. Pas besoin de se mettre dans des conditions spéciales pour découvrir la magie, elle vous tombe dessus sans prévenir.

Voyez par exemple : j’ai un très bon ami breton qui habite un petit village. Il travaille dans une ferme dans la commune juste à côté, et depuis quelque temps, il n’a plus de permis de conduire (je ne sais plus pourquoi…) Il va donc travailler à pied. Deux kilomètres à peine, il n’y a pas très loin à faire. Et pour rentrer chez lui, il passe par un petit bois assez tranquille. Un petit bois rempli de fougères, de genets (qui ne piquent pas : « genet pas d’épines ») et d’ajoncs (qui piquent : « ajonc des épines », non ça ne marche pas avec ajonc…).

Et chaque jour, il lui arrive la même mésaventure : Le matin, il part, embrasse sa femme et lui dit : « A ce soir, je ne rentrerai pas tard »

Une fois sa journée de travail terminée, il va boire un petit verre avec ses copains dans le bar des sports, en face de l’église. Chez Nini ! Il prend juste un petit verre, parfois deux et c’est tout. Il dit à ses copains : « C’est bon les gars, je rentre chez moi, j’ai promis à ma femme ».

Et tous les soirs, en passant dans le petit bois, à peu près au même endroit, il entend un petit bruit venant de derrière un bosquet de genets (pas d’épines). Il s’arrête et voit sortir une bande de joyeux lutins qui l’entourent en chantant gaiement.  Ils ont de longues oreilles pointues, des chapeaux couleur de genet (pas d’épine), et des chaussures en forme de fougère.  Ils jouent de la musique et font beaucoup de bruit. Alors, il leur dit : « Non, non, laissez-moi, j’ai promis à ma femme de rentrer de bonne heure. » Mais rien à faire, ils chantent, ils font de la musique, ils le prennent par la main et l’entrainent dans une espèce de ronde magique et folle. Plusieurs fois, il essaie de partir, de s’échapper, mais les korrigans (car ce sont d’eux qu’il s’agit), le rattrapent et continuent avec lui cette danse jusqu’au milieu de la nuit.

Et puis soudain, comme par magie, car vous avez bien compris que c’est de magie qu’il est question ici, les korrigans s’évaporent, disparaissent et laissent mon copain seul, au milieu du bois, dans la nuit noire et avec mal au cœur et à la tête. Il a tellement dansé qu’il a la tête qui tourne, qu’il ne marche pas droit. Et quand il rentre chez lui, il essaie d’expliquer à sa femme ce qui lui est arrivé, mais les mots ont du mal à sortir, il est tellement ivre de musique et de danse qu’il lui est impossible de s’expliquer correctement.

Et sa femme n’a jamais voulu croire ces histoires de korrigans et de danse magique.

Moi, je le crois, parce que ça m’est aussi arrivé, mais moins souvent que lui.

Bon, je vous laisse, j’ai quelques courses à faire au village à côté.

Mais je ne rentrerai pas tard, promis !


JOUR 8 : IDEE

Petite saynète à jouer dans école par exemple…
 
* Famille à table dans maison de campagne. (Papa, maman, deux filles un garçon). Bonne ambiance, conversation animée.
* Dehors, sous le soleil breton, un banc de pierre comportant 4 trous (ancien linteau de fenêtre avec des barreaux, d’où les trous)
* Famille mange sardines à l’huile (deux boites) avec tartines de pain beurre salé (Bretagne oblige…)
* Maman demande : « Jean-Marc, peux-tu aller vider l’huile dehors ?
*JM : Oui maman.
* JM sort, puis revient à table et pose boites vides sur plan de travail près évier.
* Repas se termine. Papa et maman prennent café.
* Maman : Viens mon chéri, on va prendre le café dehors sur le banc !
* Parents sortent et se trouvent muets devant le banc : Petits trous du banc remplis d’huile de sardine.
* Parents appellent Jean-Marc. JM se fait gronder.
* Quelle idée, mais quelle idée tu as eue !! »
Rideau.
 
Histoire authentique ! En Juillet 2020, maman (90 ans) a encore demandé à JM (62 ans) : « Mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête ? Quelle idée, mais quelle idée !!!! »
 
Sur la photo, c’est le vrai banc !

JOUR 7 : LUMIERE

On est en 2000, ou 2001, je ne me souviens plus très bien. A cette époque, mon fils Quentin était passionné par les échecs (il l’est toujours d’ailleurs, mais à cette époque, nous sillonnions le département, voire la région pour des parties de championnats). Et nous étions à Saint Lô où il disputait les championnats de Basse Normandie. Deux jours au collège Leverrier, en internat et les parties se déroulaient tout au long de ces deux jours, laissant des larges moments entre chaque match que les enfants occupaient … à jouer aux échecs. Et nous, les accompagnateurs, nous trouvions le temps un peu long !
A cette époque-là également, papa était hospitalisé. Malade. Très malade même, et pendant ces championnats, il devait passer des examens difficiles, ou subir une opération, je ne me souviens plus bien. Toujours est-il que, comme on dit maintenant, son pronostic vital était engagé.
Et je passais beaucoup de temps dans ma voiture, à lire et à écouter de la musique, histoire de passer le temps. Je pensais également beaucoup à papa et à ce qu’il subissait, là-bas, à six cents kilomètres de moi.
J’avais pas mal de CD dans ma voiture, mais celui que j’écoutais beaucoup à cette époque (et mon fils l’aimait beaucoup aussi), c’était un disque de Véronique Sanson : « D’un papillon à une étoile », reprise intégrale des chansons de Michel Berger. Chanson pour Diego, le paradis blanc, la minute de silence, Pour me comprendre, entre autres.
Mais surtout, surtout « Lumière du jour » que j’écoutais en boucle et qui me ramenait à papa. Cette chanson était tellement forte que je la remettais au début, à peine terminée.
Lumière du jour, pour quelqu’un que je considérais comme un phare, comme une lumière sur laquelle je savais pouvoir compter (voir JOUR 1), c’est quand même un drôle de hasard !!!
Ou pas…
Tu es ma lumière du jour
Tu es mon ultime recours
Et je t’appelle au secours
Perdu dans la nuit qui m’entoure
Mais comment vivre dans un trou noir
Moi j’ai besoin d’y voir
Tu es ma lumière du jour
Tu es mon ultime recours
Si je t’appelle, tu accours
Tu es mon premier secours
Ma lumière du jour
Lumière du jour.


JOUR 6 : COULEURS

Depuis ce matin, je sèche. Depuis hier soir même. Depuis que j’ai vu que le mot d’aujourd’hui était COULEUR.

Aussitôt j’ai su que j’allais faire un texte sur toi. Toi qui mets ma vie en couleurs au quotidien.

Alors j’ai commencé…

Rouge comme la couleur de ta robe le jour où nous nous sommes mariés. Rouge comme la jolie couleur que tes joues ont prises la première fois que j’ai posé mes mains sur tes hanches.

Bleu comme la couleur de tes yeux. Ou verts… Tantôt bleus, tantôt verts selon la lumière, mais si lumineux !

Jusque là c’était facile !

Orange et vert comme le drapeau de l’Irlande où nous sommes partis juste après notre mariage pour passer deux semaines, seuls, loin de chez nous. La mer, la bière, les Fish and Chips et notre amour au milieu de ce beau pays.

Violet comme la couleur des murs de notre chambre. Premier chantier du premier été de notre vie commune. Changer la couleur des murs. Ce violet qui nous va si bien, qui berce nos nuits, nos réveils, notre amour au jour le jour.

Jaune, j’ai déjà plus de mal. J’avais pensé au safran du risotto que je t’avais fait le jour où tu es venue manger à Ver pour la première fois. Ou au mimosa que tu aimes, ou au genet de notre jardin, ou aux jonquilles qui montrent leur nez au début du printemps.

Mais indigo…. Alors là, indigo… Je te jure ma douce, j’ai cherché, je t’ai même demandé ce matin : « a-t-on quelque chose d’indigo dans la maison ? », tu te souviens ? Et tu ne m’as pas beaucoup éclairé.

Alors, tu vois, mon Amour, tu es toutes les couleurs de ma vie, y compris l’indigo que je ne maitrise pas.

Et toutes ces couleurs font une douce lumière. Ta lumière.


JOUR 5 : ETOILE

 

« Tu as vu ? Non mais tu as vu ?

— Quoi ?

— Ben l’étoile !

— Ah l’étoile ? Ah oui, j’ai vu mais je m’en fiche complètement, je ne fais pas attention à ces choses-là, ça n’a pas d’importance…

— Mais quand même, c’est la première fois !

— Oui, mais bon, voilà, il fallait bien que ça arrive un jour. Tu sais, il faut prendre de la distance par rapport à ça, on ne peut pas plaire à tout le monde.

— Oui, mais enfin, c’est quand même marqué que l’intrigue était floue et le déroulement tiré par les cheveux !

— Bien sûr mais que veux-tu ? C’est peut-être quelqu’un de pas très intelligent. En fait, il n’a pas compris. Dans la foule des lecteurs, il y a des gens cultivés et puis des gens qui le sont moins. La culture, ça ne se décrète pas !

— C’est aussi marqué que le style était plutôt pauvre.

— C’est bon, ça suffit, tu commences à me saouler, on dirait que ça te fait plaisir ce qui m’arrive. Que veux-tu ? On a affaire à un crétin qui n’y connait rien en style littéraire. Ah oui forcément, je n’écris pas comme Môssieur Musso ou Môssieur Lévy ! Je ne vends pas deux cent mille bouquins en claquant des doigts. Ces gens-là n’ont pas de style, ils écrivent de la guimauve, alors que moi, j’essaie d’avoir un style reconnaissable. Si ce type-là est trop pauvre d’esprit pour apprécier mon style d’écriture, c’est pas de ma faute, il faut qu’il retourne à l’école et qu’il apprenne à lire vraiment.

— Pas Il, mais elle ! C’est marqué en conclusion « Je suis très déçue ».

— Ah parce que c’est une bonne femme en plus ! Tu me diras, ça ne m’étonne pas. C’est bien des trucs de gonzesse, ça ! Ah ! le niveau, je te dis pas le niveau de la nana ! Voilà, j’étais prêt à te dire que c’était un connard, mais je vais me reprendre, c’est une connasse, une sacrée connasse qui a écrit un commentaire pareil !

— Mais je croyais que ça ne te touchait pas, que tu n’y attachais aucune importance ?

— C’est bon, ça suffit, laisse-moi tranquille. J’ai autre chose à faire que de passer du temps à lire des commentaires de gens qui n’y comprennent rien ! »

Vexé. Il n’ose pas le dire, mais cet auteur est vexé au plus profond de lui-même !

Quand on écrit des bouquins, il n’est pas toujours facile de se frotter aux commentaires des lecteurs. Si le commentaire est flatteur et accompagné de cinq étoiles, voire quatre, l’auteur est content, ravi, car le lecteur a aimé. Au-dessous de quatre étoiles, le commentaire est beaucoup moins crédible et de plus en plus discutable. Quant à une étoile ou zéro, c’est systématiquement le lecteur qui est un sombre crétin et qui n’a rien compris. Pas question de se remettre en cause !

Tiens au fait, combien d’étoiles mettrez-vous à ce texte ?


JOUR 4 : LAINE

Autobiographique ? Donc qui doit parler de moi ou du moins autour de moi…

Alors ce matin, ce petit mot LAINE fait remonter en moi un souvenir d’enfance.

Papa avait une caméra 8 millimètres, muette évidemment, c’était dans les années 60 ! On était loin du VHS de mes enfants ou du numérique actuel ! Et avec cette caméra, il filmait les événements importants (avec retenue quand même parce que la pellicule et le développement coutaient cher) : communions, mariages, baptêmes, et surtout les vacances !

Les vacances en Savoie, les vacances au Pays Basque, les vacances dans l’Aveyron et bien sûr les vacances en Bretagne, avec pépé et mémé !

Les sourires, les grimaces, les courses, les coucous à la caméra et papa aimait nous filmer en train de nous baigner. A Saint Quay Portrieux ! Maman avec son maillot de bain à rayures blanches et noires, mes sœurs en deux pièces qui s’éclaboussaient et nageaient têtes hors de l’eau, moi qui jouais avec ma bouée bleue ou avec la rouge, alternativement, mémé avec son maillot de bain bleu et son bonnet de bain summum du ridicule.

Et pépé ! C’est avec tendresse que je revois ce film. Mon grand-père ne savait pas nager, mais il ne voulait pas qu’on le sache. Alors il avançait jusqu’à ce qu’il ait de l’eau jusqu’’à la taille à peu près, et puis il se penchait en avant et faisait les mouvements de la brasse avec les bras. Mais en marchant évidemment !!! On faisait tous semblant de s’émerveiller devant ses prouesses nautiques, alors que tout le monde savait pertinemment qu’il avait les pieds par terre !

Et à la fin de son bain, pépé faisait un signe de la main à la caméra et sortait de l’eau. Mon grand-père avait un maillot de bain en laine. Je ne sais pas si c’était ma grand-mère qui lui avait tricoté. Il me semble qu’il était doublé, mais je me souviens de ce maillot de bain bleu en grosse laine qui mettait une éternité à sécher entre deux bains.

Je ne sais pas ce que maman a fait de ce maillot de bain après la mort de mon Grand-père ! IL faudrait que je lui demande !!!


JOUR 3 : NATURE

Faire pipi sur le gazon pour embêter les coccinelles, faire pipi sur le gazon pour embêter les papillons !

C’est quelque chose que j’ai découvert quand j’étais petit garçon, auprès de mon père qui était aussi un grand adepte de la chose. Depuis, ça ne m’a pas quitté. C’est toujours le même plaisir, le même bonheur !

Me déboutonner dans un coin tranquille et à l’abri des regards histoire de ménager ma pudeur et ne pas montrer mon oiseau à qui n’est pas autorisé à le voir, que ce soit pour raison médicale ou amoureuse.

Et puis lorgner vers l’horizon, qu’il soit proche ou éloigné, prendre un air détaché et ne penser à rien. Regarder les arbres, les feuilles, les ronces éventuellement, les vaches, s’il y en a, ou les moutons, ou les chevaux. Ou un petit insecte posé sur le tronc de l’arbre qui nous fait face et qui vit sa vie de petit insecte sans s’occuper de moi. Mon passage ne changera rien à sa vie.

Ecouter les oiseaux, les bruissements autour de moi, le ronron des voitures sur l’autoroute au loin, entendre des bribes de conversation, des voix connues ou inconnues, venant de derrière moi.

Sentir tout un mélange d’effluves naturels, odeurs subtiles des habitants de ce lieu, qu’ils soient végétaux ou animaux.

C’est un moment de pure grâce où tous les sens sont en éveil.

Pisser dans la nature en regardant le ciel, un bonheur inégalé !


JOUR 2 : LA PREMIERE FOIS

La première fois que j’ai embrassé une fille, c’était en Allemagne. A Kempten en 1972. Elle s’appelait Annelise et ne parlait pas un mot de français. Nous nous étions connus dans l’auberge où je séjournais avec d’autres jeunes de je ne sais quel jumelage. Elle ne savait pas embrasser. Moi non plus d’ailleurs. Nous avions 14 ans et étions amoureux. Cette idylle a dû durer une semaine car elle reprenait le collège bien avant moi. A mon retour en France, une lettre m’attendait, portant la trace de ses lèvres au lipstick sur le verso de l’enveloppe. A l’intérieur, cinq mots : « Ich sehne mich nach dir. »*

*Je me languis de toi.

 


JOUR 1 : PERE

Je n’aurais pas voulu avoir un autre père que celui que j’ai eu. Il n’était pas parfait, certes, il avait ses défauts, mais il a toujours été un phare pour moi, une lumière sur laquelle je savais que je pouvais compter. Je n’ai pas besoin du jour de la Toussaint pour penser à lui, lui qui est né le jour des morts ! Il est présent chaque jour ou presque dans mon quotidien. Au détour d’une phrase, d’une expression, d’une chanson, d’un air de musique, d’un personnage historique ou littéraire.

Et chaque année, le France-Angleterre du Tournoi est une messe à la mémoire de mon père qui détestait les Anglais.

1 thought on “Le défi du mois de Mars

  1. Bonjour Jean-Marc,
    Félicitations pour tous tes textes! Quel travail! Je t’avoue que je ne peux pas les lire tous les jours, le rythme quotidien étant très dense.
    Merci de nous avoir cités, Christine et moi, dans ton texte consacré à la gratitude! Je me souviens très bien de ton arrivée en Normandie! Un petit clin d’oeil: Je t’avais prêté un plan de Caen, et tu ne me l’as jamais rendu… Heureusement, j’en avais un 2ème…
    Et je me souviens de ton stage dans mon école de Troarn! Tu étais parfait! Tu m’as même offert un album photo fait maison, sur Jean-Paul dans sa classe. J’ai été très ému! Je l’ai toujours bien sûr!!!
    Pour te remercier, je t’écris une histoire vraie qui s’est déroulée dans ma classe de Troarn.
    Nous étions un vendredi 13, donc j’avais organisé un débat, ce qui n’était pas à la mode en ce temps là. Le sujet en était: Le vendredi 13, porte-t-il malheur ou bonheur. La classe s’est trouvée divisée 50 / 50. Chaque enfant avait ses arguments. Peu de temps après, l’on entend frapper à la porte. Et qui entre: Monsieur Boisselier, l’inspecteur! Alors, nous entendons tous une petite voix: “Vous voyez bien Monsieur Lamirand, que le vendredi 13 porte malheur! J’ai vu un petit sourire sur les lèvres de Monsieur Boisselier…
    Amitiés Jean-Marc
    Jean-Paul

N'hésitez pas à commenter !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :