Nathan est un ange
Des livres, des cahiers, des publications. Peut-être même des articles culturels; Voici ce que montre la photo de cette semaine.
Allez vite découvrir ce que j’en ai fait… Bonne lecture. Et n’oubliez pas mes amis de l’atelier !!! Ils ont bien bossé aussi…

Un par un, ils avançaient et déposaient dans la machine les livres et brochures qu’ils avaient apportés avant d’entrer dans le studio. Elle tournait dans le sens des aiguilles d’une montre et réduisait en poudre toute trace de culture.
En attendant son tour, Nathan jeta un dernier coup d’œil à sa convocation :
« Apportez avec vous les livres, les articles, les journaux, et autres publications culturelles. Vous n’en aurez nul besoin. Nous nous chargerons de les détruire devant vous.
« Oubliez tout ce que vous savez : orthographe, grammaire, histoire, géographie, sciences, sens pratique, logique. Tout sera inutile.
« Imprégnez vous de populisme, de grossièretés, de blagues et attitudes bien salaces. Un vocabulaire diversifié d’insultes, de gros mots sera apprécié et fera de vous quelqu’un de respecté.
« Vérifiez vos tatouages. Ils doivent être bien visibles : jambes, mollets, dos, épaules ; bras, poitrine, rien ne doit être épargné. Les piercings, boucles d’oreille, de nombril, de téton ne sont cependant pas obligatoires. Poitrines hyper-gonflées et postérieurs rebondis pour les filles, muscles saillants et torses sans l’ombre d’un poil pour les gars sont par contre obligatoires. Aucune dérogation ne sera accordée.
« L’air con et les attitudes niaises sont de bon ton. Ne pas les négliger.
« L’agressivité, la mauvaise foi, la violence verbale sont des atouts nécessaires pour vivre correctement dans ce nouvel espace qui sera le vôtre pour les trois mois à venir. »
C’est bon, j’ai tout, pensa Nathan en caressant des yeux le tatouage d’araignée dans le cou dessiné à la dernière minute. Le huit autres n’étaient pas suffisants.
Soudain, il sentit un frôlement derrière lui. Quelqu’un l’avait touché. Avait posé la main sur son épaule. Vivement, Nathan se retourna :
« Hé dis donc, tu m’as touché, fils de p… non mais dis donc, va te faire enc…. par ta mère qui s… des b… tout la journée. T’as pas à me toucher, le prochain qui me touche, j’y fous un pain de ouf dans sa g… de gros co….d. Quoi ? Tu l’as pas fait exprès ? Mais je m’en bats les c… espèce de …. »
Au bout de trois minutes, Nathan s’arrêta. Il était content de lui, il avait été à la hauteur de l’offense qui lui avait été faite. Et puis, il s’était montré. Il ne s’était pas laissé faire. Il serait sûrement respecté maintenant.
Nathan lança dans la machine les livres et journaux qu’il avait apportés -il n’y en avait pas très lourd – et franchit la tête haute la porte du studio. Les fameuses grandes ailes blanches vues et revues mille fois à la télévision étaient dessinées sur le mur face à la porte.
Les Anges de la Téléréalité. Il y était. Enfin. Depuis des années qu’il en rêvait !!!
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