A ma fille.
300… Vous imaginez ? C’est aujourd’hui le 300 ème atelier d’écriture de Leiloona. 300 photos, 300 textes. J’ai pris le train en route. Je ne sais pas combien j’en ai fait… Peut-être une petite centaine, je ne sais pas précisément. En tout cas, 300 mercis à toi, Alexandra (Leiloona est un pseudo) de nous permettre de nous pencher chaque semaine sur une photo pour inventer une petite histoire de quelques lignes. 300 bisous pour toi, et rendez vous à ce trois cent troisième auquel tu sembles tant tenir…

Ma grande,
T’en souviens-tu ? C’était il y a plus de vingt ans déjà. Quand j’y pense, quand je pense au temps qui passe, ça me bouleverse.
Les vacances tiraient à leur fin. Les derniers jours d’août étaient ensoleillés et nous souhaitions en profiter avant la rentrée qui se profilait déjà. Nous étions partis tous ensemble dans cette petite maison que Pascal nous avait prêtée, dans cette Sologne que j’aime tant. Nous avions passé là trois jours à vivre comme bon nous semblait, sans obligation, sans contrainte. Chacun se levait à l’heure qu’il voulait, passait son temps à faire ce dont il avait envie. Toi, tu passais beaucoup de temps à lire, près de la fenêtre de la bibliothèque, dans la lumière dorée du jardin. Ton frère préférait courir, comme d’habitude. Profiter des derniers moments d’extérieur avant de retrouver notre appartement et le bitume de la cour du collège. Maman et moi en avions profité pour faire de grandes ballades, parfois ensemble, parfois chacun de notre côté.
J’avais cependant insisté pour que nous passions nos repas tous ensemble. Dans une famille, les moments de repas sont tellement importants pour tisser les liens, ou pour les fortifier. Pour parler. De ce qui va bien, de ce qui va moins bien.
Puis nous avions repris l’autoroute, rangé les souvenirs de vacances et attaqué la rentrée sans grand enthousiasme. Un peu comme Pagnol enfant descendant de ses chères collines pour retrouver Marseille et ses soucis.
C’est marrant de retomber sur cette photo au moment où tu vas à ton tour être mère. Où tu vas toi aussi te fabriquer des souvenirs auprès de cet enfant qui va vous accompagner désormais. Cet enfant qui va changer votre vie à Paul et à toi. Comme ton frère et toi avez changé la nôtre. C’est plus belle chose qui puisse t’arriver.
Un gros paquet de nostalgie m’est tombé dessus en revoyant ce souvenir.
J’espère que je ne t’ai pas plombé la journée.
Je t’embrasse bien fort.
Embrasse Paul pour moi.
Papa.
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