L’épreuve de Paris

Trois ou quatre fois par an, je quitte la Normandie où j’habite pour me rendre à Bordeaux voir ma mère qui est très âgée et soulager un peu mes sœurs qui s’occupent bien d’elle toute l’année. Et comme je ne me sens plus trop capable de faire de longues routes seul en voiture, je m’y rends en train, ce qui, en plus, me revient à moins cher, d’autant que j’ai la carte Papi SNCF qui me donne trente pour cent de réduction (contre un abonnement annuel de 50 euros quand même).
Et comme il n’existe pas de ligne directe Caen-Bordeaux, je dois passer par Paris.
A chaque fois, c’est l’épreuve de Paris.
Oh, ça ne dure pas très longtemps, une heure, une heure et demie tout au plus, mais c’est suffisant ! Et c’est tant mieux que ça ne dure pas plus longtemps !
En tout cas, c’est chaque fois le même schéma.
Descente du train et le long quai de Saint Lazare entouré de gens qui marchent vite. Alors je marche vite aussi. Bien forcé.
Ensuite je me dirige vers le métro.
Les escalators où tu as intérêt à bien te bloquer à droite sous peine de te faire engueuler par les gens de derrière qui veulent absolument te doubler.
Les vraies volées d’escaliers où tu rames avec ta valise.
La marche dans le couloir du métro en faisant gaffe à la personne devant, le nez dans son téléphone qui s’arrête d’un coup, sans prévenir, pour répondre à un SMS.(Ça m’est arrivé une fois, depuis je fais gaffe).
Le métro en lui-même, huit stations, ce n’est pas le pire. Tous mes sens sont en éveil, je fais attention à tout. Je l’avoue, en bon provincial que je suis, je me sens en insécurité dans le métro. Je ne sors mon téléphone sous aucun prétexte, je fais gaffe à mon sac à dos qui pour l’occasion, devient un sac à ventre, je regarde les gens autour de moi, qui eux, ne me regardent pas, tous penchés sur leurs téléphones à écrire des SMS ou à regarder des vidéos plus ou moins passionnantes. Le plus souvent moins d’ailleurs !
Et on recommence les couloirs et les escalators, et les escaliers…
Puis l’arrivée à Montparnasse et les coups d’œil répétés au tableau d’affichage bleu qui répertorie les départs.
Les allers et venus dans le hall pour tuer le temps en mangeant mon sandwich.
Et l’attente de l’affichage du numéro de quai ou se trouvera le train qui me conduira jusqu’à la gare Saint Jean.
Mais je ne suis pas le seul à prendre ce OUIGO. Dès l’affichage du quai numéro huit ou neuf, ce sont cinq cents personnes, toutes immobiles ou faisant les cent pas dans le hall qui se dirigent comme un seul homme vers le même quai ! Et ça se pousse, et ça passe devant, et les poussettes te roulent sur les pieds (ça m’est arrivé jeudi). Comme si le train partait dans l’instant alors qu’il y a vingt minutes avant le départ.
Enfin l’installation à ma place où je peux enfin retrouver calme et sérénité.
Quoique….. de ma place, je me retourne bien vingt fois pour vérifier que mon sac est toujours dans l’étagère à bagages où la SNCF nous oblige à le placer, mais ne le surveille pas ! Car il y a dix ans, un individu a eu l’idée de prendre ma valise et de descendre du train avant que celui-ci ne démarre ! Arrivée à Caen sans valise et discussion avec la SNCF qui me dit « Mais il fallait surveiller votre bagage monsieur ! ». Ce que je fais maintenant !
Voilà ! Je suis un provincial et je le revendique. Mes séjours à la capitale sont brefs et ça me convient bien.
Ceci dit, si je dois rester deux ou trois jours à Paris, je m’adapte, le schéma n’est pas le même et je profite de mon séjour. Mais je suis tout de même heureux de repartir !
Voilà. Je suis à Bordeaux pour quelques jours.
Ensuite, je rentrerai chez moi, en Normandie, retrouver ma douce épouse et la mer tout près de chez moi.
Retrouver l’horizon ! Je lisais ce matin le livre d’une niçoise qui écrit que lorsqu’elle est à Nice, elle aime regarder la limite entre la mer et le ciel. A Paris, écrit-elle, ce qui me manque le plus, c’est l’horizon !
Mais avant ce double bonheur, il me faudra encore subir… l’épreuve de Paris !
La jungle !
Tes aventures parisiennes me donnent le frisson
En parlant d’horizon, il vient de réapparaître ce matin
Un brouillard à couper à la tronçonneuse pendant plus de deux jours ! Avec un mélange de gentilles petites particules, du sable du Sahara et des épandages
Il ne fallait pas être asthmatique ce week-end en Normandie !
Jusqu’à un chalutier qui s’est échoué juste devant chez moi
Bon retour quand même
Retour à Brest
En déplacement sur la Capitale j’ai toujours manqué d’AIR….de retour sur le quai de la gare de BREST, ma première respiration sent l’iode et je n’ai jamais autant aimé ce vent que l’on nomme le TI ZEF , je reste un bon moment le savourer avant de regagner la maison! et si le crachin breton s’en mêle , c’est encore mieux ! Maryvonne
A Paris …
Ce matin je lis ton histoire de Paris où nous passins quelques jours avec les petits-enfants. Demain, métro puis la longue marche dans Montparnasse pour rejoindre le quai de départ vers Quimper. Contents de venir passer quelques jours à Paris et contents aussi de retrouver la maison après ce bref séjour.
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