A vous, Philippe Meyer
Lundi, photo, Leiloona, Bric à Book, vous avez l’habitude. Cette semaine, comme la semaine dernière, j’ai joué le flemmard, profitant de mon week-end. Et puis, en revoyant la photo de la semaine, me sont revenus les derniers mots de Philippe Meyer samedi, à la fin de son émission « La prochaine fois, je vous le chanterai », rayée d’une coup de stylo autoritaire de la grille de rentrée de France Inter. Alors j’ai voulu faire d’une pierre deux coups, travailler l’atelier et saluer Philippe Meyer.

« Bonnes vacances, bon vent, bonne mer. »
C’est sur ces sobres mots que Philippe Meyer,
Amoureux de musique, de Paris et des vers
A quitté sans un bruit, ce samedi, hier
L’antenne publique de France Inter
Depuis deux mille, soit seize années entières
Il a fait rimer Montant avec Prévert
Brassens avec Hugo, Ferré avec Baudelaire.
Seize ans de chant sur tous les airs,
De Jamait à Tachan, des Frères Jacques à Vaucaire.
Et pour cette émission qui était la dernière
Pas un mot déplacé, pas un mot de travers
Si ce n’est un rappel d’une injure passagère.
Pour sa dernière antenne, ce brave Monsieur Meyer
A été du niveau des condamnés de guerre.
« On me prie de quitter l’antenne de France Inter »
Voilà ce qu’il a dit aux compères, aux commères
Qui chaque samedi devant leurs gazinières
Préparaient le repas en fredonnant les airs
De Trénet, de Bécaud ou bien de Julien Clerc.
La prochaine fois, disait Philippe Meyer
Je vous le chanterai. Mais il ne chantait guère.
Alors pour s’excuser de cette promesse en l’air
Et pour nous démontrer qu’il savait bien le faire,
Samedi il a chanté en quittant France Inter.
Bonnes vacances, bon vent, bonne mer
Et j’ajouterai merci, Monsieur Philippe Meyer.
Samedi 27 Juin , après seize années au service de la chanson française, quelle qu’elle soit, moderne ou ancienne, Philippe Meyer a quitté France Inter qui lui a retiré son créneau. Loin des Barthès, Lepers ou autres animateurs qui ont longuement médiatisé leurs départs cousus d’or, Philippe Meyer s’en est allé avec l’habituelle discrétion qui est la sienne. Merci à lui d’avoir animé mes samedis matins. Et puisque l’émission peut être réécoutée jusqu’à la nuit des temps, promis, je ne vais pas m’en priver.
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