La cuisinière des Kennedy par Valérie Paturaud
Le destin extraordinaire d’une enfant trouvée qui devint, par la force de sa passion, la cuisinière des Kennedy.
1999. Dans un cimetière du Vaucluse, sur la tombe d’une certaine Andrée Imbert, une couronne de fleurs et ces mots : » To Andrée, with love and gratitude. The Kennedy Family. » Quel est donc le lien entre cette femme et l’illustre famille ?
Rien ne prédestinait la petite Andrée, pupille de la nation placée dans l’arrière-pays drômois, à côtoyer les plus grands… Pourtant, sa détermination et son don pour la cuisine guideront ses pas jusqu’aux États-Unis, où elle entre au service des Kennedy.
Au cœur de la maisonnée, Andrée prépare les gâteaux d’anniversaire, imagine le menu des dîners de gala, console les peines des petits et partage les joies de la famille la plus célèbre du XXe siècle.
L’histoire savoureuse d’une femme qui a réellement existé, ponctuée de photographies privées et de recettes extraites de son carnet.
C’est marrant, mais dans ce titre, ce que je retiens c’est cuisinière. Pas Kennedy. Parce que j’ai suivi l’itinéraire d’un bébé trouvé dans un fossé qui est devenue une femme et une cuisinière hors pair. J’ai aimé suivre sa vie de femme, les choix qu’elle a faits, les maisons dans lesquelles elle a travaillé. une femme partie de rien et qui a réussi dans sa vie. Je l’ai aimée quand elle a ouvert son restaurant, je l’ai aimée quand elle a travaillé pour Berliet, pendant le guerre. Je l’ai aimée quand elle travaillait avec Camus et qu’elle a rencontré tous ces grands auteurs et éditeurs que l’on admire toujours aujourd’hui. Elle avais sa place dans ces « maisons ». Elle était respectée. Paradoxalement; je l’ai moins aimée quand elle travaillait pour les Kennedy. En lisant ces pages, je l’ai plus ressentie comme une femme du personnel parmi tant d’autres, autres cuisinier, femmes de ménage, jardiniers, chauffeurs. Avec son uniforme, blouse ou tablier, petit bonnet sur la tête, chaussures en plastique, cédant aux caprices de chacun : l’un veut des sandwiches, l’autre un repas, les enfants viennent taper dans les gâteaux, Andrée apportez moi ceci ou préparez nous cela… En fait je crois que ce que je n’ai pas aimé là-dedans, ce sont les Kennedy. Famille riche, au sourire ravageur mais aux mœurs très coincés, faisant parfaitement la différence entre gens de leur monde et les autres, repoussant les congés d’Andrée plusieurs fois parce qu’ils avaient des soucis ou que ça ne les arrangeait pas… Si ouverte sur le monde au début du livre, Andrée est devenue « une boniche », comme le dit si inélégamment son mari au service d’une famille d’enfants gâtés sous le joug d’un chef de famille (Jo) et d’une femme implacable (Rose). DSu loins c’est comme ça que je l’ai ressenti. Etrangement, je n’ai lu que deux fois le prénom de Rosemary, la fille « dérangeante » des Kennedy, car handicapée et lobotomisée à la demande de son père.
Et puis si on se penche sur le fond, on peut trouver aussi à redire sur ses choix. Sue son abandon de sa famille pour aller travailler de l’autre côté du monde. Qu’elle ait créé une certaine distance entre ses enfants et elle n’est pas très étonnant !! Mais la vie est une succession de choix et elle a fait les siens !
Pour ce qui est de la forme par contre, rien à redire. L’écriture est agréable à suivre, l’auteure a dû passer beaucoup de temps à se documenter et ça se sent. On sent aussi l’enthousiasme et l’admiration quelle a pour Andrée.
Un chouette bouquin qui se lit facilement et qu’on termine à regrets.
![]()