bouquinage,  * * * *,  2026,  Edité,  Numérique,  Historique,  Roman

Le barman du Ritz par Philippe Collin

Juin 1940. Les Allemands entrent dans Paris. Partout, le couvre-feu est de rigueur, sauf au grand hôtel Ritz. Avides de découvrir l’art de vivre à la française, les occupants y côtoient l’élite parisienne, tandis que derrière le bar œuvre le célèbre Frank Meier, barman adulé pour son art du cocktail. Habile diplomate, celui-ci gagne la sympathie des officiers allemands, achète sa tranquillité, mais aussi celle de Luciano, son apprenti, et de l’énigmatique Blanche Auzello. Pendant quatre ans, les hommes de la Gestapo vont trinquer avec Coco Chanel, la terrible veuve Ritz, ou encore Sacha Guitry. Ces hommes et ces femmes, collabos ou résistants, héros ou profiteurs de guerre, vont s’aimer, se trahir, lutter aussi pour une certaine idée de la civilisation. La plupart d’entre eux ignorent que Meier, émigré autrichien, ancien combattant de 1914, chef d’orchestre de cet étrange ballet, cache un lourd secret : il est juif.


Quelle histoire ! On aurait pu appeler ce livre « Le loup dans la bergerie », ou plutôt « L’agneau dans la horde », tellement ce pauvre Meier se trouve coincé au milieu des plus affreux allemands et collabos que la France a accueillis pendant plus de quatre ans. Lui qui était juif, ne l’oublions pas. Juif, mais non circoncis dit-il. Sûrement une sacrée chance à cette époque.

Parce que quand on regarde le pédigré des affreux qui s’appuient à son bar, on est affolé ! Goering pour commencer, qui avait ses quartiers au Ritz, Hans Speidel, Otto von Stülpnagel et son cousin Carl Heinrich, Knobe, sans oublier tout un tas de généraux SS. Jetez un coup d’oeil sur les faits d’arme de ces messieurs, vous en aurez froid dans le dos. Ajoutez à cette liste Gabrielle Chanel, Arletty, Sacha Guitry qui ont tous profité largement de l’occupation allemande dans Paris. Et puis Lafont, le tristement célèbre Lafont, chef de la Gestapo française de la rue Lauriston.

Quelle horreur.

Et Frank Meier, de par sa fonction, se trouve obligé de servir tous ces gens, d’être aimable et serviable avec eux. Compréhensif devant leurs malheurs.

Maintenant, et voilà tout le dilemme de ce livre, il a aussi bien profité de la situation. Comme il le dit lui-même, la guerre s’est mieux passée pour lui que pour n’importe qui. Certes, il a fait faire des faux papiers pour que des Juifs puissent s’en aller, mais il a pris sa part sur les frais demandés. A un moment, il a aussi établi une double caisse à son bar pour détourner de l’argent.

Il a d’ailleurs été fortement inquiété à la libération…

C’est un bouquin qui fait beaucoup réfléchir. Qui met mal à l’aise parfois, je l’avoue…

Mais bien écrit et addictif.

Comme tout ce qui vient de vient de Philippe Collin dont j’ai écouté les excellents podcasts sur France inter (Pétain; Blum, Leclerc, les femmes résistantes)

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