Je suis né du Diable, par Jean-Christophe Grangé
« Depuis que j’écris des romans, la question qu’on m’a le plus souvent posée est : mais d’où vous viennent des idées pareilles ? Je réponds parfois : l’inspiration…
En réalité, je n’en sais rien. Mais la question revient tellement souvent qu’elle m’a forcé à réfléchir. Et si quelque chose de singulier était survenu dans mon existence qui puisse expliquer une inspiration aussi violente ? Je me suis tourné vers l’enfance. Si la mienne a été parfaitement heureuse, elle n’a pas été normale. J’ai grandi, sans le savoir, mais en le pressentant, à l’ombre d’une menace, d’une histoire d’épouvante que personne n’a jamais voulu me raconter.
Alors, j’ai creusé. Et je n’ai pas été déçu. Figure maléfique, violence exacerbée, persécution mentale : tout Grangé est là. Aucun doute : avec de telles origines, je ne pouvais pas écrire autre chose…
Mais d’où vous viennent des idées pareilles ? Ce livre est la réponse. »
C’était un samedi après-midi. J’étais invité en dédicace dans l’espace culturel d’une grande surface pour la sortie de mon livre Pourquoi pas que je venais juste de publier.
En attendant le chaland, je faisais les cent pas autour de ma table. Et tombais inévitablement sur les dernier ouvrages sortis avant Noël.
Et je suis tombé sur celui-ci. Je l’ai rapidement feuilleté comme je le pouvais le faire pour les centaines de livres qui m’entouraient. Et je ne sais pas pourquoi, il y a des mots, des phrases qui m’ont accroché immédiatement. Alors, sans me faire voir, je l’ai pris et me suis assis à ma table de dédicace. C’était une heure creuse, il n’y avait pas beaucoup de monde ans le magasin et j’ai littéralement plongé dans ce livre qui donne le ton immédiatement.
On se retrouve là dans la méchanceté à l’état pur, un homme qui n’est là que pour pourrir la vie des autres: de sa femme, de son fils, de sa belle-famille. Et au milieu de tous les problèmes familiaux, il y a un petit garçon qui essaie tant bien que mal de grandir, de se construire. Balloté entre sa mère et ses grands parents, il grandit, entouré de l’amour de sa grand-mère pour camoufler la haine et la méchanceté de son père.
Et puis Jean-Christophe devient un homme et tire tout seul les conséquences d’une telle jeunesse. Les traits de l’adulte s’expliquent par les brisures de l’enfance. JC Grangé nous explique pourquoi il écrit et pourquoi ses personnages ont tous un point commun: celui d’avoir eu une enfance bousculée.
Lu en quelques jours car hyper attachant. La prochaine fois que je prendrai un Grangé, je penserai à ce livre en découvrant le caractère du héros. Grangé père y est sûrement pour quelque chose !
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