bouquinage,  * * * *,  2026,  Edité,  Numérique,  Roman

La fille de ma mère par Cathy Karsenty

« Dans l’album, les photos de Claudine la montrent joyeuse, faisant la fête avec ses amies, déguisée d’un uniforme de soldat bien trop grand pour elle, en maillot sur la plage entourée de beaux garçons, sur une route au soleil avec de grosses lunettes noires, se photographiant dans un miroir, joueuse. Une femme affranchie, tel est le portrait que je lui ai composé.
Évidemment, quand on ne sait rien on invente n’importe quoi. »

Fille unique d’une femme qui a décidé de garder l’enfant plutôt que le père, Cathy Karsenty recompose le drôle de duo qu’elle a formé avec sa mère, au moment où celle-ci perd la mémoire. Un premier roman désarmant de justesse et de grâce.


A l’heure où mes soeurs et moi nous posons la question de « placer » notre mère dans une maison pour séniors, nous sommes tombés sur la Grande librairie et son débat de la semaine sur la place de la mère dans la vie des auteurs.

Et Cathy Karsenty y était présente, de même qu’Hugo Lindenberg.

J’ai tout de suite été touché par son histoire et sa quête du père qu’elle n’a jamais connu.

Et pour cause. Clotilde, ou plutôt Claudine a échangé son homme contre sa fille.

Impossible pour elle de s’encombrer d’un bonhomme, comme elle dit.

Donc, au moment de la naissance de Catherine, exit le géniteur !

Alors au moment où sa mère commence à perdre la mémoire, à perdre la boule, comme notre propre mère d’ailleurs, l’autrice essaie de la faire parler, dans la mesure où un peu de mémoire est encore présente.

Mais peu de choses sortent effectivement de ce dialogue qui a du mal à s’instaurer.

Alors, à l’aide de lettres trouvées dans une petite boite bleue, Cathy K. reconstitue l’histoire d’amour de sa mère avec Louis B.

Entre Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Dax et Alger.

Une reconstitution faite à partir de petits bouts retrouvés ici et là dans les courriers, nombreux d’abord, puis de plus en plus espacés, jusqu’à ce que les deux amants (l’homme était marié et père de famille) en arrivent à habiter la même rue, à deux maisons d’écart.

Un livre touchant qui évoque à la fois la fin d’une mère et la naissance d’un père dans le coeur de la narratrice. Un père qu’elle n’a jamais connu, qu’elle ne connaitra jamais, puisqu’il est décédé, mais comme une enfant adoptée qui cherche partout ses origines, Cathy K. recherche désespérément son père.

Des chapitres courts, comme je les aime, comme je les écris moi-même. J’adore ça. Un style simple, qui ne cherche pas à être alambiqué et c’est très bien comme ça.

Les faits, rien que les faits et la difficulté évidente de dialogue entre la mère et la fille qui ont vécu vingt ans côte à côte, sans jamais se connaître en fait.

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