Oreille sélective
Tri et rangement de papiers chez ma mère. Des paperasses par paquets qui ne servent à rien. Factures de téléphone d’une ligne qui n’existe plus, remboursements de sécu et de mutuelle datant d’il y a dix ans, tout un tas de documents qui se sont entassés au fil des années et qui n’ont pour la plupart, aucune raison d’être conservés.
Donc je trie. Mais tous ces documents sont nominatifs, avec adresse, numéros sensibles et différentes infos qui ne regardent personne d’autre que nous.
Alors il est préférable de les détruire. De les déchiqueter. De les broyer.
Et pour cela, il faut un broyeur de papiers.
Et ma sœur en a un beau que mon beau-frère a récupéré de son usine qui a fermé.
« Tu le branches, tu appuies sur ce bouton. Vérifie que le bac en dessous est bien fermé avant de démarrer… »
Je l’écoute d’une oreille, je sais comment fonctionne un destructeur de papiers.
Arrivé chez ma mère, je commence à insérer par paquets de cinq ou six les feuilles à déchiqueter. Miracle, ça fonctionne. Même avec huit feuilles, alors que chez moi, si je mets deux feuilles, ça coince.
Pris d’une folie destructrice, je continue encore et encore.
C’est grisant quand ça fonctionne aussi bien.
Tellement grisant qu’au bout d’un moment, le moteur se coince.
Diagnostic : bac récupérateur plein. Donc sac poubelle, je vide la moitié du bac et appuie à nouveau sur le bouton Avance. Rien. Bouton marche arrière : rien non plus. Je regarde donc dans la fente où on introduit le papier.
Ben oui,bourrage évidemment !
Tellement grisant que j’ai inséré sans regarder et que les derniers papiers ont bloqué le système.
Me voilà donc le moteur sur les genoux, avec force ciseaux, couteaux, cutters et tout ce que l’on veut pour essayer de virer le papier qui bloque.
Mon téléphone pas loin pour demander à internet de bien vouloir me venir en aide. Ce qu’il essaie de faire avec la meilleure volonté du monde, mais sans succès hélas.
J’ai beau essayer de faire fonctionner le moteur, aucun résultat.
Le temps passe. Presque une heure que je patouille ce fichu moteur. J’y arriverai bon sang !
J’appelle mon beau-frère qui me dit «T’inquiète c’est pas grave !»
Mais je n’ai pas envie de lui rendre un appareil qui ne fonctionne plus.
Alors je continue…
Jusqu’à ce que je lise sur mon téléphone : « Vérifiez que le bac est bien enclenché… »
Et là, je ne sais comment, j’entends la fin de la phrase que Pierre a prononcée et que mon cerveau n’a pas écoutée :
« … parce qu’il fait contact. S’il n’est pas bien mis, ça ne démarre pas ! »
Euréka !!
Donc, je récupère le bac que j’enclenche bien à sa place et j’appuie sur le bouton.
Alléluia, miracle, le moteur se met à tourner. Dans les deux sens.
Et en cinq minutes, j’ai terminé le travail.
Puis j’ai mis dix minutes à passer l’aspirateur pour virer tous les petits bouts de papier tombés sur la moquette.
Comme quoi j’aurais dû écouter mon père qui me disait : « Écoute jusqu’au bout quand on te dit quelque chose parce que … »
Après, il me disait autre chose, mais je ne me souviens pas.
Je ne devais déjà plus écouter…
Note et avis
On ne peut mettre une note que si on donne un avis. Mais 5 étoiles, c’est déjà un avis, non ?
Merci Jean-Marc.
Tous pareils !
La petite phrase qui change tout et qui est dites à la fin forcément
En fait, on devrait la dire en premier car essentielle
On croit toujours tout savoir et ben non
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